Le Canada devrait participer activement à la fourniture de soins médicaux et d’urgence aux victimes en Ukraine avec des casques bleus. Nous devons être un modèle de bons samaritains en prenant soin de nos voisins ukrainiens. Nous ne devons pas hésiter. Le temps est essentiel.

Ayant travaillé avec des organisations non gouvernementales de soins de santé au Liban et en Somalie, pays déchirés par la guerre, j’ai pu constater de visu le rôle important que jouent les gardiens de la paix dans la défense des soins de santé et des travailleurs humanitaires lorsqu’ils répondent aux besoins des victimes de la guerre.

En 1983, j’ai ouvert et géré une clinique médicale au Liban, protégée par les forces internationales de maintien de la paix des États-Unis, de la France, du Royaume-Uni et de l’Italie. Ces casques bleus ont été envoyés à la demande du gouvernement libanais et non sous les auspices des Nations Unies.

En 1993, je me suis porté volontaire en Somalie pour fournir des soins d’urgence sous la protection des forces de l’UNISOM.

Il était clair, au cours de ces situations dangereuses, que les soins médicaux ne pouvaient être dispensés en toute sécurité que lorsque les travailleurs de la santé étaient protégés par des soldats de la paix.

Je me souviens avoir travaillé avec une clinique mobile dans un quartier de Mogadiscio, en Somalie, appelé « Bermudes ». Ce nom a été emprunté au « triangle des Bermudes », car on disait que quiconque visitait cette zone risquait de ne pas en sortir vivant. Nous y avons été escortés par les forces armées américaines qui nous ont protégés pendant que nous nous occupions de nos patients. On pouvait entendre des coups de feu lorsque les soldats nous défendaient contre les gangs qui nous attaquaient.

Il est clair que pendant et après la guerre en Ukraine, les victimes auront besoin de soins médicaux.

Un soutien médical immédiat est nécessaire de toute urgence en raison des blessures malheureuses mais inévitables des soldats des deux côtés du conflit, ainsi que des blessures immédiates des femmes, hommes et enfants civils.

D’importants dommages collatéraux se produisent dans une population déchirée par la guerre au lendemain du conflit en raison des maladies, de la malnutrition, des conditions insalubres et de la perte d’accès à la nourriture et à l’eau potable.

Nous devons également assurer un soutien aux maladies mentales telles que la dépression, la violence et le suicide sur le long terme.

L’aide médicale et humanitaire ne peut être fournie en toute sécurité qu’avec la protection des soldats de la paix.

Cela peut se faire avec ou sans le soutien des Nations unies. Si une force de maintien de la paix n’est pas approuvée par les Nations Unies, ces soldats de la paix peuvent être constitués par une force multinationale incluant le Canada.

Il est impératif que nous agissions immédiatement.

Dr. Paul Saba

 

Le Dr. Paul Saba est un médecin de famille de Lachine, au Québec, qui a travaillé dans des pays en développement et sous-développés. Il est cofondateur et président de la Coalition des médecins pour la justice sociale. Il est l’auteur du livre Fait Pour Vivre, l’appel d’un médecin à sauver des vies (madetolive.com).